1945 - 1946
Jean BAUD
.....Ici, toujours la même vie qui devient un peu monotone.
Le charme des jours de combat est disparu mais je crois qu'il
y aura bientôt de changement pour nous, au moins s'il faut en
croire les bobards qui circulent: notre embarquement pour l'Indochine
ne doit pas beaucoup tarder. Nous devons partir pour une petite
année, délai de voyage compris. Nous ne serons à aucun titre affectés
à la relève coloniale, celle-ci devant être faite par de nouvelles
divisions qui sont en voie de formation en France et seront prêtes
dans quelques mois. Nous allons là-bas en vue de prendre le plus
rapidement possible possession de notre colonie, relever les troupes
anglaises et chinoises qui désarment les japonais en notre absence,
et aussi en vue de mater les petits soulèvements qui pourraient
survenir à la suite des menées nationalistes de certaines couches
de la nation. En somme rien de grave: un petit voyage qui, s'il
ne sera pas toujours agréable, peut du moins être toujours très
instructif.
Actuellement, avec deux camarades de ma compagnie, nous suivons
un peloton d'élèves officiers préparatoire à une école en France;
nous n'avons aucune chance d'être reçus quoique je pense avoir
réussi mes examens d'entrée mais nous sommes arrivés un mois en
retard et nous sommes avec des camarades dont plusieurs sont déjà
pistonnés par leurs pères colonels ou amiraux. Ca nous est un
peu égal; nous avons au moins l'occasion d'apprendre des choses
intéressantes, de faire de la culture physique et des manoeuvres
avec armes qui, en remplissant bien nos journées, nous arrachent
à l'ennui des heures creuses. Nous nous entendons bien, logeons
à trois dans la même chambre, et mangeons à l'hôtel: vous voyez
que ça ne va pas trop mal........
.... Je suis maintenant dans un camp tout près de Marseille ou
je vais deux ou trois fois par jour pour acheter ce qu'il me faut
pour le départ et pour monter une bibliothèque pour la compagnie.
Tout est horriblement cher; je voudrais acheter une paire de lunettes
contre le soleil: 1200 frs! Nous avons mis trois jours pour venir
d'Allemagne. J'avais espéré m'arrêter un peu à Lyon mais nous
avons passé de nuit (minuit et demi) et lorsque nous y sommes
passés, je dormais étendu sur un brancard dans mon ambulance.
Je ne me suis éveillé qu'à Vienne.
Ici, le temps est splendide ainsi que le paysage: ce n'est plus
l'Allemagne froide et pluvieuse.
On se croirait ici en été chez nous. Cet après-midi, je vais avec
deux ou trois camarades faire un petit pèlerinage à Notre Dame
de la Garde. Qu'elle me protège pendant mon voyage et veille sur
sur mon apostolat là-bas. Actuellement je suis chauffeur d'ambulance,
mais mon aumônier m'a averti que l'aumônerie divisionnaire m'avait
demandé comme chauffeur du Colonel Chambon, cdt le service de
santé. Je conduirai une Jeep et serai affecté au service du Capitaine
aumônier, ainsi nous rayonnerons à travers la brousse auprès de
toutes les unités de la Division et même parmi les populations
indigènes. Voyez que ça promet d'être intéressant, même si c'est
fatigant.....
....J'embarque cet après-midi ou demain. Pour un jour de Toussaint
c'est pas mal. Nous embarquerons environ 1500 sur un "Victory"
anglais le "Taos". J'espère que nous ne serons pas trop mal quoique
la Méditerranée soit un peu houleuses en ce moment. Lorsque vous
recevrez ce mot, nous l'aurons en bonne partie traversée. Je comptais
faire un pèlerinage à N.D. de la Garde pour lui demander de faire
du bon boulot là-bas, mais je n'en aurai sans doute pas le temps.
C'est égal. Je pars content et plein d'espoir.....
.... Voila trois jours que nous sommes en mer. Les heures passent
vite. Désormais je compte écrire tous les jours les petits détails
de la journée.
Nous sommes donc partis le 1er novembre de Marseille sur le "Taos
Victory" un beau navire américain de 17 000 tonnes, filant une
vitesse de croisière de 18 noeuds ( 33 kms à l'heure ) ce qui
est déjà beau.
Nous parcourons ainsi environ 800 kms par jour. Nous sommes 1500
à bord; malgré le nombre, nous ne sommes pas trop à l'étroit à
bord de ce transport de troupe aménagé spécialement pour ça. Nous
couchons sur des couchettes, ce n'est pas mal. Moi je suis au
4 ème étage. Vous voyez que j'ai pas mal à grimper pour me coucher.
Heureusement que j'ai le pied marin. Hier soir en montant, tout
est dégringolé par suite d'un défaut de soudure. J'ai réparé le
tout comme j'ai pu pour la nuit et ce matin j'ai tout changé.
La cuisine à bord est excellente mais pas très abondante, je préfère
qu'il soit ainsi, d'ailleurs avec la chaleur qu'il commence à
faire, nous avons plus besoin de qualité que de quantité.
Partis à 5 heures du soir de Marseille, tout de suite, nous avons
essuyé une violente tempête.
Aussitôt aussi le mal de mer a commencé à sévir. Si vous aviez
vu tous les types rejeter dans leurs casques. Très peu y ont échappé.
Quant à moi, je n'ai rien eu. Pendant un certain temps, j'ai été
comme saoul, et ça a été fait. Tard dans la nuit, je suis resté
sur le pont arrière avec deux ou trois camarades à admirer cette
tempête qui nous envoyait de l'eau jusque sur le pont, cependant
élevé de six à sept mètres au dessus du niveau de l'eau. Il faisait
bon fumer une pipe à ce moment, puis je suis venu me coucher.
Au cours de la nuit, la danse du navire faillit me renverser deux
ou trois fois de ma couchette. Le lendemain au réveil, la mer
était belle et le ciel bleu; nous arrivions en vue des côtes de
la Corse. Peu après, nous nous engagions dans le détroit de Bonifacio
séparant la Corse et la Sardaigne. Quel paysage magnifique, cette
mer bleue sous un ciel d'azur dans lequel se découpaient les rives
abruptes de Sardaigne et de Corse. Puis ce fut de nouveau la mer
jusqu'au lendemain matin qui devait dès le petit jour nous réserver
de magnifiques spectacles: d'abord les îles Lipari avec le volcan
Stromboli s'élançant des flots jusqu'à une grande altitude. Je
regrette que l'absence de lumière suffisante et le brume trop
opaque ne m'aient pas permis de le photographier. Cette vision
nous donna longtemps une belle distraction jusqu'au moment où
nous aperçûmes les côtes de l'Italie et de la Sicile.
Nous nous engagions dans le détroit de Messine, là vraiment c'était
beau. Ce détroit large seulement de 7 à 13 kms nous permettait
toujours par un temps splendide d'admirer et de photographier
les côtes abruptes de Calabre et de Sicile avec les belles villes
de Messine et Reggio que nous pouvions distinguer parfaitement.
Un spectacle surtout me retint, celui de l'Etna dont la masse
imposante se détachait à quelques dizaines de kilomètres de nous.
L'Etna, est un volcan célèbre déjà dans l'antiquité. Il est toujours
en activité et on voit très bien une grande colonne de fumée s'échapper
de son cratère. Longtemps, je me suis laissé allé à rêver devant
la magnificence du spectacle. Les premiers marsouins, gros poissons
qui sautent à l'entoure du navire, commençaient leurs ébats et
nous regagnions la haute mer. ( la mer Ionienne après la mer Tyrrhénienne
que nous avons quittée au détroit de Messine ) Nous sommes en
haute mer depuis plus d'un jour et demi mais nous approchons de
la côte de la Crête. Nous avons traversé un méridien; par suite,
nous avons avancé nos montres d'une heure.
Tous les jours, nous avons la messe à bord. Il y a trois aumôniers
avec qui je suis allé boire l'apéritif et fumer une cigarette
avant midi. Ce matin, Dimanche, trois messes ont été dites et
chantées par une belle assistance face aux flots bleus, c'est
un décor qui ne manque pas de charmes. Il y en a qui paient cher
pour s'offrir le voyage que je suis en train de faire. Hier, j'ai
appris une bonne nouvelle. Un de mes camarades de séminaire qui
se destinait aux missions étrangères va s'embarquer aussitôt après
nous comme aumônier du 21ème R.I.C. Je le retrouverai en Indochine
car j'ai vu le capitaine aumônier de la division au service duquel
je dois être affecté comme secrétaire et chauffeur, il m'a encore
assuré que ma mutation s'effectuerait là-bas. En attendant, tout
va très bien.
Nous sommes tout près de l'Egypte et dans l'après midi nous arriverons
à Port Saïd. Le temps est toujours merveilleux, la mer d'huile.
Je me hâte de finir ma lettre ce matin pour qu'elle puisse partir
à Port Saïd.On nous a télégraphié que le courrier de tous les
hommes du " Taos Victory " était arrivé à Port Saïd, par conséquent,
n'hésitez pas à m'écrire dès maintenant. Les lettres arrivent
par avion et aux prochaines escales je pourrai déjà avoir de vos
nouvelles. Sur vos lettres mettez la date de réception de mes
lettres.
Demain matin, nous nous engagerons certainement dans le canal
de Suez dont la traversée demande 12 heures, puis ce sera les
2300 kms de la mer rouge, jusqu'à Aden ou Djibouti. Durant les
trois ou quatre jours prochains nous passerons, entre deux déserts,
la mer qui est une des plus chaudes du monde.
Le soir sur le pont, nous faisons de petites réunions où nous
chantons les rengaines de France à la lumière des projecteurs
dont les rayons lumineux se reflètent sur les flots. Tout va très
bien. Ne vous faites donc pas de soucis à mon sujet. Je suis très
content de ce voyage. Nous avons de drôles d'allures avec nos
ceintures de sauvetages obligatoires sur le pont. Demain nous
revêtirons probablement notre tenue coloniale avec le casque.
...Vite encore un petit mot qui partira tout à l'heure de Suez.
Notre voyage se poursuit très bien. Arrivé le 5 à Port Saïd nous
y avons fait escale la nuit. Aussitôt les barques indigènes sont
venues encadrer notre bateau pour nous vendre leur pacotille dont
j'aurai toujours le temps de m'encombrer au retour. Très amusant
ce marché dont les intéressés discutent les uns du haut d'un bateau,
les autres en bas dans les barques, une corbeille et une corde
servant d'intermédiaire. Le 6 au matin, nous nous sommes engagés
dans le canal long de 160 kms. Nous ne dépassons pas 15 à l'heure
pour que les vagues ne désagrègent pas les rives.
C'est déjà en plein l'Orient. Sur le canal nous sommes à cheval
sur l'Asie et l'Afrique que le canal sépare. A l'Est, le désert
d'Arabie, une immense étendue de sables jaunâtres sans aucune
végétation, sables qui s'étendent à perte de vue et qui à l'horizon
se profilent en dunes légères et peu élevées. Tout cela c'est
très beau surtout au soleil couchant. Dans ce désert, quelques
oasis, la première El Kantara, intéressante surtout par les souvenirs
que la Sainte Famille en fuite pour l'Egypte, passa. Partout en
ces pays que nous sommes en train de traverser il y a sujet à
méditations. Nous avons dû nous arrêter en rade d'Ismalya, une
oasis au bord du lac Timsah qui fait encore partie du canal de
Suez. Nous sommes restés là une demi-journée pour permettre à
un convoi anglais de monter. Le lendemain nous faisions une courte
escale de 2 heures au port de Welik à 3 kms de Suez avant de nous
engager dans la mer Rouge: nous avions un peu d'appréhension car
cette mer longue de 3350 kms, 100 m de profondeur entre deux régions
désertiques - Egypte et Arabie - passe pour une des plus chaudes.
De fait il fait chaud depuis trois jours car ça fait trois jours
que nous sommes de nouveau entre ciel et eau sur cette mer. Nous
avons revêtu la tenu coloniale: petites culottes, chemisette et
casque colonial et malgré ça nous suons, au moins dans la journée.
Et dire que vous avez peut être de la neige. Nous avons passé
le Tropique du Cancer aujourd'hui. Sur le pont, le soir et toute
la nuit, il fait un bon vent tiède soufflant du sud...
... Ma traversée de la mer Rouge s'est bien passée malgré les
quelques appréhensions que nous pouvions avoir touchant la chaleur
torride qui règne sur cette mer située entre deux déserts. Sans
doute il a fait chaud, mais cette chaleur a été tempérée par un
vent violent du sud qui agitait passablement la mer. Nous sommes
donc arrivés à Aden le samedi soir 10 Novembre. sur la côte, les
lumières étagées sur les collines environnantes nous annonçaient
le port ou nous entrions à la nuit tombée. Le lendemain nous avons
eu l'autorisation de descendre à terre de 7h30 à 12 h. Pour moi
et Gilles, cette sortie fut interdite parce que nous avons la
barbe. Plutôt que de nous raser nous avons préféré rester à bord,
malgré le désir que nous ressentions de mettre pied à terre après
12 jours de navigation. Sur le pont, nous rencontrons notre capitaine
qui nous demande si nous ne descendons pas.Nous lui disons que
non en même temps que la raison. " C'est idiot du moment que vous
êtes propres, vous descendrez avec moi. Je prends tout sous ma
responsabilité" nous dit il. Mais nous l'avons perdu de vue parmi
la foule et nous avons dû nous débrouiller tout seuls. Nous avons
embarqué à bord d'une pirogue nègre qui nous a conduit à la côte
à 200 mètres en plein quartier indigène. Alors là, nous avons
vécu une bonne tranche de la vie nègre dont la principale occupation
ici est constituée par le petit commerce, la mendicité et la "fauche".
Nous nous sommes mis à quatre pour pénétrer dans ces rues qui
s'offraient à nous sous l'apparence de coupe gorges. Dès nos premiers
pas, nous sommes assaillis par une nuée de gosses et de grandes
personnes qui nous proposent des paquets de cigarettes, des bananes,
des pastèques, du savon et à des prix fantastiques: 100 frs ou
5 frs. Ils ne savent pas ce que vaut notre monnaie et il leur
fallait des billets. Vous comprendrez que je n'ai pas fait grandes
emplettes avec les 100 frs qui me restaient et comme j'étais le
plus riche de la bande, il me fallait économiser ce billet pour
payer la barque de retour, car je n'aurais pas voulu rester en
cette terre dénudée et aride dont les rochers environnants reflétaient
une lumière et une chaleur accablantes sous ce ciel tropical.
Ici comme végétation: quelques palmiers et quelques arbres anémiques,
voilà pour le paysage. Je reviens encore à la population. Dès
que j'eus mis pied sur cette terre d'Arabie, un jeune indigène
veut me proposer une jolie culotte blanche, je la marchandais
lorsque survint un policier indigène qui appréhenda le marchand
malgré ses prières et ses cris et le traîna au poste de police.
Vous comprendrez facilement que je n'ai pas assisté à la suite
de l'arrestation de ce marchand qui vendait en des endroits interdits.
Un peu plus loin, je vois arriver un vieux nègre barbu qui pesait
bien 30 kgs. Il conduisait 2 chameaux attachés, le second à la
suite du premier. Aussitôt j'eus l'idée de me placer à coté de
lui tandis que Gilles tirait une photo. Le vieux qui s'en était
aperçu se retourna immédiatement vers nous pour nous demander
de l'argent pour la complaisance qu'il avait eue de se laisser
photographier. D'abord nous n'avons pas bien compris et nous sommes
partis, le vieux ne comprenait pas non plus. Il est vrai que des
copains étaient allés se promener plus loin près des grottes où
se trouvait un puits très profond. Le guide indigène jetait une
pierre dedans et faisait la quête. Dans la barque des indigènes
qui étaient venus prendre en charge des camarades pour faire 200
mètres le patron noir leur demanda 4000 frs. Aussitôt tous se
levèrent pour le jeter à la mer, alors il abaissa son prix à une
centaine de francs. Vous voyez que le marché noir n'existe pas
seulement en France.
J'aurais pu m'enrichir: un grand nombre se pendaient à mon bras
pour avoir ma montre, d'autres pour avoir le stylo ou la pipe.
Ils sortaient un tas de billet de 5 frs ou de 10 frs peut être
100 frs et croyaient offrir une somme formidable. Il va sans dire
que des copains se sont faits enlever leur portefeuille ou leur
montre. Si vous aviez vu comme on était assiégé par ces gosses
et grands indigènes! J'ai réuni ce jour là toutes mes connaissances
d'Anglais pour leur dire que je ne fumais pas, ne me lavais pas
ou que j'avais beaucoup de leurs marchandises dans le bateau.
Pas moyen de m'en défaire. En attendant, nous circulions parmi
ces enfants nus, ces hommes criards, ces femmes voilées, des chameaux,
des chèvres et des poules d'un type bien différent de chez nous,
qui couraient à travers les rues. Les petits gosses et les petites
filles en général, étaient très mignons, avec une jolie petite
frimousse intelligente: j'ai bien passé ma main dans leurs têtes
crépues en regrettant de n'avoir plus d'argent. J'aurais eu plaisir
à leur donner quelques pièces. Je pensais aussi que le Christ
est bien loin de ces pauvres petits malgré la belle croix blanche
qui domine le golfe d'Aden. Il y aurait cependant fort à faire
parmi cette population dont les préoccupations ne s'élèvent guère
au-dessus de celles du ventre et qui vit dans un milieu de pauvreté
sordide. Il y aurait encore bien des choses à dire mais je vous
ennuierais.
De retour au bateau où nous allons fêter l'armistice, je suis
du piquet qui doit présenter les armes au moment du lever des
couleurs françaises, anglaises et américaines et pendant la sonnerie
aux morts. A 3 h de l'après midi, notre navire démarre lentement
dans la rade où deux autres navires de troupes françaises pour
l'Indochine viennent d'arriver: le "Georgetown Victory" et le
"Winchester Victory". Ils doivent nous suivre de près en ce moment.
Là se trouve aussi le croiseur français "Gloire" qui revient d'Indochine
et fait route vers la France. Les marins du croiseur et nous,
échangeons longtemps des adieux, puis c'est l'entrée en pleine
mer, en plein Océan Indien qui nous portera jusqu'à Colombo où
nous espérons avoir l'autorisation de sortir. Le coin en vaut
la peine parait il, avec ses maisons blanches perdues dans la
végétation luxuriante des Tropiques extrêmement vigoureuse sous
l'éclaboussante lumière du soleil.
Hier en mer j'ai aperçu le premier cachalot, gros poisson d'une
dizaine de mètres de long qui nage en surface et qui, lorsqu'il
expire, envoie dans l'air deux grandes colonnes d'eau formant
une espèce de geyser. Les premiers requins ont eux aussi fait
leur apparition autour du bateau parmi les nuées de poissons volants
dont les petits corps argentés s'élancent comme des flèches, de
chaque côté de nous.
Je reste des heures appuyé contre le bastingage à admirer la mer
dont le mouvement si varié et monotone à la fois me captive et
me charme. Cette immensité mystérieuse donne lieu à tant de méditations.
Suite
Last update : 24/06/1997 - Web Author