Un Getois en Indochine


1945 - 1946
Jean BAUD



Allemagne le 7 septembre 1945


.....Ici, toujours la même vie qui devient un peu monotone.De garde Strasbourg mars 45 Le charme des jours de combat est disparu mais je crois qu'il y aura bientôt de changement pour nous, au moins s'il faut en croire les bobards qui circulent: notre embarquement pour l'Indochine ne doit pas beaucoup tarder. Nous devons partir pour une petite année, délai de voyage compris. Nous ne serons à aucun titre affectés à la relève coloniale, celle-ci devant être faite par de nouvelles divisions qui sont en voie de formation en France et seront prêtes dans quelques mois. Nous allons là-bas en vue de prendre le plus rapidement possible possession de notre colonie, relever les troupes anglaises et chinoises qui désarment les japonais en notre absence, et aussi en vue de mater les petits soulèvements qui pourraient survenir à la suite des menées nationalistes de certaines couches de la nation. En somme rien de grave: un petit voyage qui, s'il ne sera pas toujours agréable, peut du moins être toujours très instructif.

Actuellement, avec deux camarades de ma compagnie, nous suivons un peloton d'élèves officiers préparatoire à une école en France; Foret Noire fin avril 45 Piguet Drevet nous n'avons aucune chance d'être reçus quoique je pense avoir réussi mes examens d'entrée mais nous sommes arrivés un mois en retard et nous sommes avec des camarades dont plusieurs sont déjà pistonnés par leurs pères colonels ou amiraux. Ca nous est un peu égal; nous avons au moins l'occasion d'apprendre des choses intéressantes, de faire de la culture physique et des manoeuvres avec armes qui, en remplissant bien nos journées, nous arrachent à l'ennui des heures creuses. Nous nous entendons bien, logeons à trois dans la même chambre, et mangeons à l'hôtel: vous voyez que ça ne va pas trop mal........

Marseille le 11 octobre 1945


.... Je suis maintenant dans un camp tout près de Marseille ou je vais deux ou trois fois par jour pour acheter ce qu'il me faut pour le départ et pour monter une bibliothèque pour la compagnie. Devant un fort de la ligne Siegfried 23/4/45Tout est horriblement cher; je voudrais acheter une paire de lunettes contre le soleil: 1200 frs! Nous avons mis trois jours pour venir d'Allemagne. J'avais espéré m'arrêter un peu à Lyon mais nous avons passé de nuit (minuit et demi) et lorsque nous y sommes passés, je dormais étendu sur un brancard dans mon ambulance. Je ne me suis éveillé qu'à Vienne.

Ici, le temps est splendide ainsi que le paysage: ce n'est plus l'Allemagne froide et pluvieuse. A Trossingen avec Fischette - GillesOn se croirait ici en été chez nous. Cet après-midi, je vais avec deux ou trois camarades faire un petit pèlerinage à Notre Dame de la Garde. Qu'elle me protège pendant mon voyage et veille sur sur mon apostolat là-bas. Actuellement je suis chauffeur d'ambulance, mais mon aumônier m'a averti que l'aumônerie divisionnaire m'avait demandé comme chauffeur du Colonel Chambon, cdt le service de santé. Je conduirai une Jeep et serai affecté au service du Capitaine aumônier, ainsi nous rayonnerons à travers la brousse auprès de toutes les unités de la Division et même parmi les populations indigènes. Voyez que ça promet d'être intéressant, même si c'est fatigant.....

Marseille le 31 octobre 1945


....J'embarque cet après-midi ou demain. Pour un jour de Toussaint c'est pas mal. Nous embarquerons environ 1500 sur un "Victory" anglais le "Taos". J'espère que nous ne serons pas trop mal quoique la Méditerranée soit un peu houleuses en ce moment. Lorsque vous recevrez ce mot, nous l'aurons en bonne partie traversée. Je comptais faire un pèlerinage à N.D. de la Garde pour lui demander de faire du bon boulot là-bas, mais je n'en aurai sans doute pas le temps. C'est égal. Je pars content et plein d'espoir.....

Quelque part en mer le 4 novembre 1945


.... Voila trois jours que nous sommes en mer. Les heures passent vite. Désormais je compte écrire tous les jours les petits détails de la journée.

Nous sommes donc partis le 1er novembre de Marseille sur le "Taos Victory" un beau navire américain de 17 000 tonnes, filant une vitesse de croisière de 18 noeuds ( 33 kms à l'heure ) ce qui est déjà beau. En MerNous parcourons ainsi environ 800 kms par jour. Nous sommes 1500 à bord; malgré le nombre, nous ne sommes pas trop à l'étroit à bord de ce transport de troupe aménagé spécialement pour ça. Nous couchons sur des couchettes, ce n'est pas mal. Moi je suis au 4 ème étage. Vous voyez que j'ai pas mal à grimper pour me coucher. Heureusement que j'ai le pied marin. Hier soir en montant, tout est dégringolé par suite d'un défaut de soudure. J'ai réparé le tout comme j'ai pu pour la nuit et ce matin j'ai tout changé. La cuisine à bord est excellente mais pas très abondante, je préfère qu'il soit ainsi, d'ailleurs avec la chaleur qu'il commence à faire, nous avons plus besoin de qualité que de quantité.

Partis à 5 heures du soir de Marseille, tout de suite, nous avons essuyé une violente tempête. En merAussitôt aussi le mal de mer a commencé à sévir. Si vous aviez vu tous les types rejeter dans leurs casques. Très peu y ont échappé. Quant à moi, je n'ai rien eu. Pendant un certain temps, j'ai été comme saoul, et ça a été fait. Tard dans la nuit, je suis resté sur le pont arrière avec deux ou trois camarades à admirer cette tempête qui nous envoyait de l'eau jusque sur le pont, cependant élevé de six à sept mètres au dessus du niveau de l'eau. Il faisait bon fumer une pipe à ce moment, puis je suis venu me coucher. Au cours de la nuit, la danse du navire faillit me renverser deux ou trois fois de ma couchette. Le lendemain au réveil, la mer était belle et le ciel bleu; nous arrivions en vue des côtes de la Corse. Peu après, nous nous engagions dans le détroit de Bonifacio séparant la Corse et la Sardaigne. Quel paysage magnifique, cette mer bleue sous un ciel d'azur dans lequel se découpaient les rives abruptes de Sardaigne et de Corse. Puis ce fut de nouveau la mer jusqu'au lendemain matin qui devait dès le petit jour nous réserver de magnifiques spectacles: d'abord les îles Lipari avec le volcan Stromboli s'élançant des flots jusqu'à une grande altitude. Je regrette que l'absence de lumière suffisante et le brume trop opaque ne m'aient pas permis de le photographier. Cette vision nous donna longtemps une belle distraction jusqu'au moment où nous aperçûmes les côtes de l'Italie et de la Sicile.

Nous nous engagions dans le détroit de Messine, là vraiment c'était beau. Ce détroit large seulement de 7 à 13 kms nous permettait toujours par un temps splendide d'admirer et de photographier les côtes abruptes de Calabre et de Sicile avec les belles villes de Messine et Reggio que nous pouvions distinguer parfaitement. Un spectacle surtout me retint, celui de l'Etna dont la masse imposante se détachait à quelques dizaines de kilomètres de nous. L'Etna, est un volcan célèbre déjà dans l'antiquité. Il est toujours en activité et on voit très bien une grande colonne de fumée s'échapper de son cratère. Longtemps, je me suis laissé allé à rêver devant la magnificence du spectacle. Les premiers marsouins, gros poissons qui sautent à l'entoure du navire, commençaient leurs ébats et nous regagnions la haute mer. ( la mer Ionienne après la mer Tyrrhénienne que nous avons quittée au détroit de Messine ) Nous sommes en haute mer depuis plus d'un jour et demi mais nous approchons de la côte de la Crête. Nous avons traversé un méridien; par suite, nous avons avancé nos montres d'une heure.

Tous les jours, nous avons la messe à bord. Il y a trois aumôniers avec qui je suis allé boire l'apéritif et fumer une cigarette avant midi. Ce matin, Dimanche, trois messes ont été dites et chantées par une belle assistance face aux flots bleus, c'est un décor qui ne manque pas de charmes. Il y en a qui paient cher pour s'offrir le voyage que je suis en train de faire. Hier, j'ai appris une bonne nouvelle. Un de mes camarades de séminaire qui se destinait aux missions étrangères va s'embarquer aussitôt après nous comme aumônier du 21ème R.I.C. Je le retrouverai en Indochine car j'ai vu le capitaine aumônier de la division au service duquel je dois être affecté comme secrétaire et chauffeur, il m'a encore assuré que ma mutation s'effectuerait là-bas. En attendant, tout va très bien.

Lundi matin 5 novembre.


Nous sommes tout près de l'Egypte et dans l'après midi nous arriverons à Port Saïd. Le temps est toujours merveilleux, la mer d'huile. Je me hâte de finir ma lettre ce matin pour qu'elle puisse partir à Port Saïd.On nous a télégraphié que le courrier de tous les hommes du " Taos Victory " était arrivé à Port Saïd, par conséquent, n'hésitez pas à m'écrire dès maintenant. Les lettres arrivent par avion et aux prochaines escales je pourrai déjà avoir de vos nouvelles. Sur vos lettres mettez la date de réception de mes lettres.

Demain matin, nous nous engagerons certainement dans le canal de Suez dont la traversée demande 12 heures, puis ce sera les 2300 kms de la mer rouge, jusqu'à Aden ou Djibouti. Durant les trois ou quatre jours prochains nous passerons, entre deux déserts, la mer qui est une des plus chaudes du monde.

Le soir sur le pont, nous faisons de petites réunions où nous chantons les rengaines de France à la lumière des projecteurs dont les rayons lumineux se reflètent sur les flots. Tout va très bien. Ne vous faites donc pas de soucis à mon sujet. Je suis très content de ce voyage. Nous avons de drôles d'allures avec nos ceintures de sauvetages obligatoires sur le pont. Demain nous revêtirons probablement notre tenue coloniale avec le casque.

Ismalya le 7 novembre 1945


...Vite encore un petit mot qui partira tout à l'heure de Suez. Notre voyage se poursuit très bien. Arrivé le 5 à Port Saïd nous y avons fait escale la nuit. Aussitôt les barques indigènes sont venues encadrer notre bateau pour nous vendre leur pacotille dont j'aurai toujours le temps de m'encombrer au retour. Très amusant ce marché dont les intéressés discutent les uns du haut d'un bateau, les autres en bas dans les barques, une corbeille et une corde servant d'intermédiaire. Le 6 au matin, nous nous sommes engagés dans le canal long de 160 kms. Nous ne dépassons pas 15 à l'heure pour que les vagues ne désagrègent pas les rives.

C'est déjà en plein l'Orient. Sur le canal nous sommes à cheval sur l'Asie et l'Afrique que le canal sépare. A l'Est, le désert d'Arabie, une immense étendue de sables jaunâtres sans aucune végétation, sables qui s'étendent à perte de vue et qui à l'horizon se profilent en dunes légères et peu élevées. Tout cela c'est très beau surtout au soleil couchant. Dans ce désert, quelques oasis, la première El Kantara, intéressante surtout par les souvenirs que la Sainte Famille en fuite pour l'Egypte, passa. Partout en ces pays que nous sommes en train de traverser il y a sujet à méditations. Nous avons dû nous arrêter en rade d'Ismalya, une oasis au bord du lac Timsah qui fait encore partie du canal de Suez. Nous sommes restés là une demi-journée pour permettre à un convoi anglais de monter. Le lendemain nous faisions une courte escale de 2 heures au port de Welik à 3 kms de Suez avant de nous engager dans la mer Rouge: nous avions un peu d'appréhension car cette mer longue de 3350 kms, 100 m de profondeur entre deux régions désertiques - Egypte et Arabie - passe pour une des plus chaudes. De fait il fait chaud depuis trois jours car ça fait trois jours que nous sommes de nouveau entre ciel et eau sur cette mer. Nous avons revêtu la tenu coloniale: petites culottes, chemisette et casque colonial et malgré ça nous suons, au moins dans la journée. Et dire que vous avez peut être de la neige. Nous avons passé le Tropique du Cancer aujourd'hui. Sur le pont, le soir et toute la nuit, il fait un bon vent tiède soufflant du sud...

En mer le 13 novembre 1945


... Ma traversée de la mer Rouge s'est bien passée malgré les quelques appréhensions que nous pouvions avoir touchant la chaleur torride qui règne sur cette mer située entre deux déserts. Sans doute il a fait chaud, mais cette chaleur a été tempérée par un vent violent du sud qui agitait passablement la mer. Nous sommes donc arrivés à Aden le samedi soir 10 Novembre. sur la côte, les lumières étagées sur les collines environnantes nous annonçaient le port ou nous entrions à la nuit tombée. Le lendemain nous avons eu l'autorisation de descendre à terre de 7h30 à 12 h. Pour moi et Gilles, cette sortie fut interdite parce que nous avons la barbe. Plutôt que de nous raser nous avons préféré rester à bord, malgré le désir que nous ressentions de mettre pied à terre après 12 jours de navigation. Sur le pont, nous rencontrons notre capitaine qui nous demande si nous ne descendons pas.Nous lui disons que non en même temps que la raison. " C'est idiot du moment que vous êtes propres, vous descendrez avec moi. Je prends tout sous ma responsabilité" nous dit il. Mais nous l'avons perdu de vue parmi la foule et nous avons dû nous débrouiller tout seuls. Nous avons embarqué à bord d'une pirogue nègre qui nous a conduit à la côte à 200 mètres en plein quartier indigène. Alors là, nous avons vécu une bonne tranche de la vie nègre dont la principale occupation ici est constituée par le petit commerce, la mendicité et la "fauche". Nous nous sommes mis à quatre pour pénétrer dans ces rues qui s'offraient à nous sous l'apparence de coupe gorges. Dès nos premiers pas, nous sommes assaillis par une nuée de gosses et de grandes personnes qui nous proposent des paquets de cigarettes, des bananes, des pastèques, du savon et à des prix fantastiques: 100 frs ou 5 frs. Ils ne savent pas ce que vaut notre monnaie et il leur fallait des billets. Vous comprendrez que je n'ai pas fait grandes emplettes avec les 100 frs qui me restaient et comme j'étais le plus riche de la bande, il me fallait économiser ce billet pour payer la barque de retour, car je n'aurais pas voulu rester en cette terre dénudée et aride dont les rochers environnants reflétaient une lumière et une chaleur accablantes sous ce ciel tropical.

Ici comme végétation: quelques palmiers et quelques arbres anémiques, voilà pour le paysage. Je reviens encore à la population. Dès que j'eus mis pied sur cette terre d'Arabie, un jeune indigène veut me proposer une jolie culotte blanche, je la marchandais lorsque survint un policier indigène qui appréhenda le marchand malgré ses prières et ses cris et le traîna au poste de police. Vous comprendrez facilement que je n'ai pas assisté à la suite de l'arrestation de ce marchand qui vendait en des endroits interdits. Un peu plus loin, je vois arriver un vieux nègre barbu qui pesait bien 30 kgs. Il conduisait 2 chameaux attachés, le second à la suite du premier. Aussitôt j'eus l'idée de me placer à coté de lui tandis que Gilles tirait une photo. Le vieux qui s'en était aperçu se retourna immédiatement vers nous pour nous demander de l'argent pour la complaisance qu'il avait eue de se laisser photographier. D'abord nous n'avons pas bien compris et nous sommes partis, le vieux ne comprenait pas non plus. Il est vrai que des copains étaient allés se promener plus loin près des grottes où se trouvait un puits très profond. Le guide indigène jetait une pierre dedans et faisait la quête. Dans la barque des indigènes qui étaient venus prendre en charge des camarades pour faire 200 mètres le patron noir leur demanda 4000 frs. Aussitôt tous se levèrent pour le jeter à la mer, alors il abaissa son prix à une centaine de francs. Vous voyez que le marché noir n'existe pas seulement en France.

J'aurais pu m'enrichir: un grand nombre se pendaient à mon bras pour avoir ma montre, d'autres pour avoir le stylo ou la pipe. Ils sortaient un tas de billet de 5 frs ou de 10 frs peut être 100 frs et croyaient offrir une somme formidable. Il va sans dire que des copains se sont faits enlever leur portefeuille ou leur montre. Si vous aviez vu comme on était assiégé par ces gosses et grands indigènes! J'ai réuni ce jour là toutes mes connaissances d'Anglais pour leur dire que je ne fumais pas, ne me lavais pas ou que j'avais beaucoup de leurs marchandises dans le bateau. Pas moyen de m'en défaire. En attendant, nous circulions parmi ces enfants nus, ces hommes criards, ces femmes voilées, des chameaux, des chèvres et des poules d'un type bien différent de chez nous, qui couraient à travers les rues. Les petits gosses et les petites filles en général, étaient très mignons, avec une jolie petite frimousse intelligente: j'ai bien passé ma main dans leurs têtes crépues en regrettant de n'avoir plus d'argent. J'aurais eu plaisir à leur donner quelques pièces. Je pensais aussi que le Christ est bien loin de ces pauvres petits malgré la belle croix blanche qui domine le golfe d'Aden. Il y aurait cependant fort à faire parmi cette population dont les préoccupations ne s'élèvent guère au-dessus de celles du ventre et qui vit dans un milieu de pauvreté sordide. Il y aurait encore bien des choses à dire mais je vous ennuierais.

De retour au bateau où nous allons fêter l'armistice, je suis du piquet qui doit présenter les armes au moment du lever des couleurs françaises, anglaises et américaines et pendant la sonnerie aux morts. A 3 h de l'après midi, notre navire démarre lentement dans la rade où deux autres navires de troupes françaises pour l'Indochine viennent d'arriver: le "Georgetown Victory" et le "Winchester Victory". Ils doivent nous suivre de près en ce moment. Là se trouve aussi le croiseur français "Gloire" qui revient d'Indochine et fait route vers la France. Les marins du croiseur et nous, échangeons longtemps des adieux, puis c'est l'entrée en pleine mer, en plein Océan Indien qui nous portera jusqu'à Colombo où nous espérons avoir l'autorisation de sortir. Le coin en vaut la peine parait il, avec ses maisons blanches perdues dans la végétation luxuriante des Tropiques extrêmement vigoureuse sous l'éclaboussante lumière du soleil.

Hier en mer j'ai aperçu le premier cachalot, gros poisson d'une dizaine de mètres de long qui nage en surface et qui, lorsqu'il expire, envoie dans l'air deux grandes colonnes d'eau formant une espèce de geyser. Les premiers requins ont eux aussi fait leur apparition autour du bateau parmi les nuées de poissons volants dont les petits corps argentés s'élancent comme des flèches, de chaque côté de nous.

Je reste des heures appuyé contre le bastingage à admirer la mer dont le mouvement si varié et monotone à la fois me captive et me charme. Cette immensité mystérieuse donne lieu à tant de méditations.

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Last update : 24/06/1997 - Web Author